Oracle sur VMWare … clarifions les choses

De nombreux clients s’interrogent sur les problématiques de Licences Oracle sur VMWare. En effet, un contrôle de conformité des services d’Oracle (LMS) peut engendrer une régularisation d’un montant non négligeable.

Dans cet article, nous vous proposons de voir plusieurs points:

  • Tout d’abord, un rappel sera fait sur l’ensemble des documents qu’Oracle met à votre disposition afin de clarifier les choses.
  • Ensuite, nous verrons les détails techniques et les impacts sur vos licences dés lors que vos infrastructures Oracle sont hébergées sur VMWare 5.0, 5.1, 5.5 et 6.0.
  • Enfin, nous ferons le tour des quelques solutions possibles pour contourner les restrictions imposées.

Oracle sur VMWare … Introduction

Oracle sur VMWare : IntroductionHéberger l’ensemble de ses bases de données sur une infrastructure nécessite de prendre de nombreuses précautions et relève quelquefois du challenge. En effet, il existe très peu (voire pas du tout) d’écrits de la part d’Oracle concernant le licensing de ses produits (et notamment de la base de données), il est donc difficile de s’y retrouver.

De plus, des documents émis par VMWare existent sur ce sujet, mais attention … Il ne faut pas en tenir compte et s’astreindre à une règle d’or dans le cadre du licensing Oracle … ne se fier qu’aux seuls documents émis par la firme de Redwood.

Ensuite, il faut savoir que l’ensemble des problématiques liées sont essentiellement relatives à deux points:

  • La technologie VMotion de VMWare qui permet de déplacer sans interruption une machine virtuelle d’un serveur ESXi à l’autre, et ses évolutions.
  • La technologie dite de virtualisation logique que fournit VMWare … Autrement dit, le fait que VMWare ne fournisse pas de mécanisme capable d’isoler une machine virtuelle sur un ensemble de CPU.

Oracle sur VMWare … Les documents disponibles

Oracle sur VMWare : Documents disponiblesIl existe un certains nombres de documents très utiles pour bien appréhender les questions liées à la gestion des licences Oracle.

  • Le Software Investment Guide (ou SIG). Ce document est disponible à l’URL suivante (à défaut google est votre ami 🙂 ) : http://www.oracle.com/us/corporate/pricing/sig-070616.pdf. Dans ce document, vous trouverez tous les éléments relatifs à la notion de licence Oracle au sens global: définition des métriques, minimum de licences à contracter, cas d’utilisations etc.
  • Le Database Licensing Guide. Ce document est disponible à cette URL : http://www.oracle.com/us/corporate/pricing/databaselicensing-070584.pdf. Dans ce document, vous trouverez les conditions de licence de la base de données en fonction des environnements (développement, tests, production) et des précisions sur les métriques de licensing.
  • L’Oracle Partitioning Policy. Ce document est disponible à l’URL : http://www.oracle.com/us/corporate/pricing/partitioning-070609.pdf. Dans ce document est décrit l’ensemble des politiques de licence dans les environnements de virtualisation. On y trouvera les conditions liées au hard partitioning et soft partitioning, ainsi que les plateformes supportées dans telle ou telle condition de virtualisation (hard ou soft).
  • Les conditions de licence pour les environnements de Disaster Recovery. Ce document est disponible à l’URL http://www.oracle.com/us/corporate/pricing/data-recovery-licensing-070587.pdf. Dans ce document, on trouvera l’ensemble des conditions de licensing notamment dans le cadre de l’activation de vos bases de données sur votre site de PRA.

L’ensemble de ces documents est disponible sur la page http://www.oracle.com/us/corporate/pricing/specialty-topics/index.html. Ils peuvent être complétés, pour la base de données Oracle par :

L’ensemble de ces documents constitue des documents de référence pouvant servir de base de négociation avec Oracle lors d’un contrôle LMS, en complément de bonnes bases juridiques, et d’un peu d’obstination, mais pas que, car il vous faudra bien connaître les éléments techniques d’Oracle sur VMWare.

Oracle sur VMWare … Les détails techniques

Oracle sur VMWare : Détails techniquesVous l’avez donc bien compris, Oracle profite du fait que VMWare ne dispose pas de mécanismes permettant à ses machines virtuelles de fonctionner sur un jeu de processeurs et donc il vous demande de licencier l’ensemble des processeurs sur lesquels peuvent potentiellement fonctionner  les machines virtuelles.

Dans la mesure où c’est la technologie de vMotion qui semble causer problème, il faut s’intéresser aux capacités de cette technologie pour comprendre pourquoi configurer Oracle sur VMWare va devenir de plus en plus risqué.

Pour cela, il faut connaître jusqu’où peuvent se retrouver les machines virtuelles et donc définir le périmètre de déplacement de ces dernières. VMWare évolue et la technologie vMotion permet de plus en plus de possibilités. Rappelons en plus que vMotion est disponible dans toutes les versions de VSphere (http://www.vmware.com/fr/products/vsphere/compare).

  • VSphere 5.0: les machines virtuelles peuvent se déplacer par vMotion au travers d’un cluster d’ESXi. Il est donc possible, dans cette version, de dédier un cluster d’ESXi pour la gestion de ses bases Oracle et de licencier l’ensemble des CPU du cluster.
  • VSphere 5.1 et 5.5 : la technologie vMotion est combinée à vMotion Storage qui permet de migrer à chaud les disques virtuels (vmdk) et fichiers de configuration des machines virtuelles (vmx). Cette combinaison permet de déplacer à chaud une machine virtuelle d’un ESXi à l’autre, et déplacer à chaud ses fichiers (vmdk et vmx) d’un datastore à l’autre qu’il soit partagé ou non par les ESXi source et cible. Ces possibilités de déplacement sont rendues possible dans le périmètre d’un datacenter et sous l’égide d’un serveur VCenter. Il faut donc licencier l’ensemble des CPU des serveurs ESXi gérés par un serveur VCenter et dans la limite du DataCenter, qu’ils hébergent des bases Oracle ou pas (Oracle considère qu’ils peuvent potentiellement en héberger).
  • VSphere 6.0 : Avec cette version, les choses se compliquent encore un peu plus car VMWare offre la possibilité de transférer la machine virtuelle, ses disques virtuels, ses fichiers de configuration entre plusieurs DataCenter, et même entre plusieurs ESXi gérés par des serveurs vCenter différents. Donc pour faire simple, tout ce qui tourne sur VSphere 6.0, dans différents datacenter ou gérés par différents serveurs vCenter sera à licencier, là aussi, peu importe si les ESXi hébergent des bases Oracle ou pas.

Oracle sur VMWare … Les solutions possibles

Oracle sur VMWare : Les solutionsLes solutions sont possibles et assez simples dés lors que VSphere n’est pas en version 6.0.

  • Si vous utilisez VSphere 5.0, dédiez un cluster d’ESXi pour vos machines virtuelles hébergeant de la base de données Oracle.
  • Si vous utilisez VSphere 5.1 ou 5.5, il vous faudra faire l’acquisition d’un VCenter qui s’occupera de vos ESXi dédiés aux machines virtuelles Oracle. Cette option a un coût mais c’est le coût de la tranquilité.

D’autres solutions ont également été décrites à base d’isolation du réseau utilisé par VMotion et de zoning pour empêcher tout mouvement par storage VMotion (Cf. https://bartsjerps.wordpress.com/2016/03/03/oracle-vmware-caging-license-dragon/).

Une solution pointée également par de nombreux cabinets américains est de jouer le terrain juridique car, comme nous le mentionnions plus haut, très peu d’écrits sont disponibles et d’une manière générale, le contrat prévaut sur toute règle édictée par l’éditeur, surtout lorsque ces règles se sont pas très précises (cf. document relatif à la virtualisation).

Personnellement, nous préférons anticiper ce genre de désagrément, surtout lorsque le client est une PME (même très grosse), c’est pourquoi nous proposons des études, des optimisations de vos parcs de licences, conseil en architecture etc. qui vous permettront d’éviter des heures sombres avec Oracle assorties éventuellement d’une grosse amende.

Quoiqu’il en soit, si l’optique d’un contrôle LMS se profile, nous pouvons également vous aider (directement ou indirectement avec l’un de nos partenaires) mais il faudra vous armer de patience, d’un bon argumentaire juridique et d’obstination.

Pour conclure ce billet, nous souhaitons préciser que l’ensemble de ce billet a été écrit en fonction de l’expérience terrain, des lectures faites sur le site de VMWare, le site d’Oracle (sur les documents cités), sur des blogs etc. En revanche, aucun de ces propos ne peut être opposé à Oracle dans ou en dehors du cadre d’un audit. En effet, comme mentionné plus haut, Oracle produit très peu, voire pas du tout, de documents sur le sujet et c’est lorsque vous serez confrontés à l’audit qu’il faudra argumenter, et certainement vous battre sur les terrains techniques, juridiques etc.

Une question, un projet, une expertise sur ce sujet, n’hésitez pas à contacter PREMISEO par mail contact@premiseo.com ou au 06 60 99 70 46.